• Frederik Lozano

Le bon temps c'est le juste temps

Dernière mise à jour : 17 sept.

Il traine encore dans le monde de la psychologie une idée selon laquelle un travail en thérapie doit prendre du temps et parfois durer longtemps pour être efficace. Qu’en est-il ? D’un côté c’est exact, de l’autre pas tout à fait. Facile me direz-vous ? Démonstration.


Pour comprendre les fondements de cette idée, il faut revenir aux fondements de la psychologie clinique. Durant tout le 20è siècle, l’essentiel de la pratique en cabinet de psy reposait sur la psychanalyse. Magnifique approche mais basée sur un travail long, mais vraiment très long, compté en années. Ce n’est que vers la fin du 20è siècle que se sont diffusées dans les cabinets des thérapeutes des approches plus concrètes, déroulées sur quelques mois, voire quelques semaines, parfois quelques séances, évaluées scientifiquement et donc mesurables en processus et en résultats.


Du coup, l’ancienne génération des psy est longtemps restée sur ses acquis. Les nouveaux psy sont encore largement influencés car formés suivant la doctrine traditionnelle. Bien sûr, ils s’ouvrent naturellement à leur temps et inclus des approches plus pragmatiques convenant mieux aux aspirations des gens aujourd’hui. Mais tout ceci est encore assez récent. Attention, je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien. C’est un constat et il faut vivre avec son temps sans concéder aux fantaisies d’une époque. Ma maxime ici : il faut toujours être à la pointe, jamais à la mode. C’est vrai aussi dans le monde de la psychologie.


Donc, on peut dire que la durée du travail en thérapie dépend surtout de la méthode employée. La méthode employée dépend de la nature du problème à traiter et des possibilités et compétences dont dispose le thérapeute. Sérieusement, au 21è siècle on peut avoir de bons résultats sans y passer des années. C’est mon avis et il me semble que c’est une excellente nouvelle pour tout le monde !


Mais si on prend les choses d’un point de vue plus large, on se rend vite compte de la part de vérité contenu dans l’idée qu’il faut du temps pour progresser. Dire qu’en séance on va toujours changer les choses rapidement n’est qu’une demi vérité. La réalité c’est qu’une personne venant en séance a déjà démarré son changement du fait même de décider de venir. Lorsqu’elle aura terminé ses séances, sa progression va se poursuivre encore longtemps. Vous comprenez bien à présent le temps important que représente un changement. Le travail en séance de psychologie ou de coaching représente une partie du processus. C’est comme la fameuse image de l’iceberg: un peu émergé, les séances, beaucoup immergé, ce que vous faites dans votre vie pour débuter, produire et conserver ce changement.

En fait, il me semble qu’on devrait dire qu’un changement demande un temps long avec des étapes ou des phases, comme vous voulez, et que le travail en thérapie est un formidable facilitateur et accélérateur de ce phénomène, mais qu’il ne nécessite pas que vous fassiez des dizaines ou des centaines de séances pour aller mieux.


Anecdote personnelle : dans mes jeunes années, dans les années 1980, j’ai suivi une Analyse avec un thérapeute psychiatre-psychanalyste durant 576 séances sur 6 années ! Ça laisse rêveur ou ça fait cauchemarder, je ne sais pas... Personnellement cela m’a beaucoup apporté bien sûr. Quelle fabuleuse aventure introspective quand on 20 ans ! Mais n’aurais-je pas encore plus et surtout mieux progressé avec des approches actuelles ? J’ai tendance à le croire...


Conclusion, si vous venez en séance soyez tranquille avec la notion de durée ou de nombre de séances. Il existe vraiment de nombreuses possibilités pour construire un accompagnement efficace et adapté à chacun(e). On en parle simplement et on trouve la bonne approche pour vous. L’essentiel est que vous alliez bien.




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